En provenance de Raiatea – Polynésie Française, quittée avec regrets (allez savoir pourquoi …), nous sommes arrivés à Rarotonga, la capitale de l’archipel des îles Cook dans la nuit du 26 au 27 avril 2010. La traversée a été assez difficile : soit pas de vent, soit la tempête. Il pleuvait tant, pour les dernières manœuvres, que même avec des vêtements faits pour cela, j’étais trempé.
L’entrée dans le port n’a pas été simple car il n’y a aucun balisage. Donc soit nous sommes bon … soit nous sommes coulés !!! Comme à la bataille navale.
Sur le quai, un homme nous a fait signe de nous amarrer le long d’un poste fait pour des cargos. Non seulement les grosses protections noires ont sali notre belle coque blanche, mais en plus, exposés dans l’axe de la passe, nous nous sommes fait secouer tout le restant de la nuit.
Autant dire que, bien que loin d’être frais, c’est avec joie que nous avons salué le jour et sommes vite partis nous réfugier dans l’ersatz de port de plaisance en cours de construction.
Sitôt amarrés, une petite voiture verte arrive et en descend un homme d’un âge respectable. Vu qu’il ne semblait y avoir que des habitués dans ce lieu et que nous étions sur le même quai qu’un Tug Boat, pour moi c’était clair qu’il venait nous demander de partir. Dans ces moments là, nous avons pour technique de prendre les devants. Nous lui expliquons donc que nous ne restons là que le temps de nous organiser (informations, formalités, changement de monnaie,…) et de prendre un solide petit déjeuner, bien mérité après nos dernières « aventures ». Sa réponse nous surprend « I bring you to » (je vous emmène). Est ce la fatigue, la surprise, ma maladresse ? Toujours est il qu’en débarquant du bateau, je me rate et fini dans l’eau du port.
Serviette, vêtements secs et nous voici dans la voiture de notre « sauveur » qui traverse la ville et, à notre grande surprise, nous emmène chez lui. Là, il met sa salle de bain à notre disposition, nous demande de surveiller la cuisson des œufs pendant qu’il disparaît nous laissant la maison, les chiens, le portefeuille, … A son retour, il étale sur la table du pain frais et des spécialités locales dont je me régale.
Une fois à bord, nous apprenons que Joseph Makea (Arataki Ikaia Joseph Makea Vakatini Araki pour être précis) est le Roi des îles Cook.
Contrairement aux Chefs Traditionnels africains avec lesquels j’ai passé des heures et des heures dans les « cases à palabre » à … palabrer, « Papa Joe » comme on le surnomme affectueusement ici, ne se prend pas pour Dieu et ne s’approprie aucun pouvoir mystique. Il est même profondément chrétien, ayant offert le terrain et une partie des fonds nécessaires à la construction de la plus belle église de l’île.
L’état prend à sa charge ses frais courants et lui accorde certains privilèges dont celui de distribuer ou pas les licences de vente d’alcool. Ce qui, dans un pays (comme bien d’autres) où ce commerce est des plus lucratifs, en fait un homme très courtisé par la plupart et « détesté » par quelques personnes. Par exemple, ses convictions l’ont amenées à interdire la vente de spiritueux sur un mini golf fréquenté en grande partie par des enfants et des jeunes. C’est tout à son honneur.
Papa Joe m’a fait penser à ma mère : une « tête qui cherche à rendre service ». Maman n’avait pas fini de dire « vous en reprendrez bien un peu » que votre assiette était déjà pleine. Papa Joe a déjà embrayé la 1ère qu’il vous demande si vous voulez qu’il vous dépose quelque part.
A la longue, c’est peut-être un peu lourd, surtout dans une petite île. Mais sur 3 jours, comme ce fut notre cas, c’est tout à fait supportable, adorable et … bien pratique.
Difficile de parler objectivement de Rarotonga - Cook. Je quitte une Polynésie où j’ai laissé une partie de moi, de mon âme et de mon cœur.
Ma première impression a été la même que quand, habitant à St Malo, j’allais faire un tour à Jersey, une île britannique juste devant la Bretagne et la Normandie. So British.
Déjà, ils roulent à gauche !!! J’ai commencé mon séjour sur place par manquer de me faire renverser en traversant la route. Ensuite, c’est très propre avec des poubelles de partout. Il faut que Raiatea et autres viennent prendre des leçons. Les gens ont le « look » polynésien et la langue maternelle est très proche de celle entendue dans les rues de Papeete ou d’Atuona. Ils parlent un anglais avec un fort accent, sont polis, gentils, … Leur monnaie est la même qu’en Nouvelle Zélande, pays dont ils se sentent très proches. Ils ont le même passeport, les mêmes produits dans les boutiques et ont généralement au moins un membre de leur famille qui y est installé.
Le pays est « safety », le seul travail de la police, très présente, semblant être d’inviter certains, le soir, à ne pas boire le verre de trop.
Nous n’avons vu que l’île principale. En fait, il y a peu d’îles, 3 ou 4 sont « navigables » et elles sont toutes assez éloignées les unes des autres (entre 130 et 250 Milles Marins). Il y aurait quelques îles avec lagon dont Aïtoutaki, mais qui, selon ce que j’en ai vu en images, n’aurait pas grand chose à voir avec des îles comme Rangiroa ou Bora Bora.
La montagne semble très jolie. On dirait un peu Moorea. Elle est parcourue par un sentier pédestre que nous n’avons pas essayé, en raison de la météo et du temps que nous comptions rester sur place.
Ici, pas grand chose est organisé pour les yachts tels que Félix. Le système local consiste, entre les diverses taxes, à prendre un maximum d’argent en un minimum de temps au plaisancier. Par exemple, il en coûte l’équivalent d’environ 20 € par personne pour entrer et 30 € pour sortir du pays. Il n’y a pas de chantier naval, pas de boutique spécialisée, pas de station service « bateaux »…
Il y a peu de place à quai, mais elles ont l’eau et le 220V. Sinon, c’est mouillage dans le port au milieu des cargos et pêcheurs.


coucou super aventure..bisous d'une exilée en Corse
RépondreSupprimer... Nana
Maréva