Il y a des hommes HEU – REUX de leur sort. J’en suis un d’ailleurs. Mais le Bonheur de certains amène à se poser des questions qui vont au delà du simple constat de base.
Nous avons rencontré, appelons le ainsi, « Marco » sur un atoll des îles Tuamotu. Il a environ 35 ans, marié deux enfants. Il a fait ses « études » à Papeete et un peu en France. Il exerce le métier de « pompier – contrôleur d’aéronautique ».
Après avoir travaillé à Tahiti, il est revenu, il y a quelques années, sur son île natale.
Il y a un avion par jour qui se pose et repart environ 20 à 30 minutes plus tard, toujours de jour, sur le petit aéroport. Le dimanche, affluence, il y a en a deux !!!
Le travail de Marco, qui est de repos tous les samedis et tous les dimanches, consiste à arriver à l’aéroport environ trente minutes avant l’avion. Il vérifie que le groupe électrogène fonctionne bien, contacte Tahiti pour avoir une idée de l’heure exacte de l’arrivée de l’avion, enfile une tenue de pompier et attend. Quand l’avion se présente, il lui indique la piste en service, le vent et la pression atmosphérique. Trente minutes plus tard, il refait la même chose pour le décollage et rentre chez lui, généralement moins d’une heure après en être parti.
Le reste du temps … Il est libre. Il gagne, pour ce travail, 3500 € mensuels nets plus tous les avantages liés au fait d’appartenir à l’Aviation Civile. Heureux homme dont nous avons eu la joie d’apprécier à sa juste valeur le dévouement, l’hospitalité et la gentillesse. Son poisson cru au lait de coco est certainement l’un des meilleurs que je n’ai jamais mangé (avec celui d’Evelyne et de Harris) de tout mon séjour en Polynésie.
Je ne suis pas du genre envieux des autres, et suis heureux que ce soit quelqu’un de « bien » qui profite d’une telle situation. Mais cela m’amène à me poser des questions et ce d’autant plus que ce cas n’est que la toute petite partie visible d’un iceberg que l’on devine et sait gigantesque.
Pendant tout mon séjour à Tahiti, j’ai lu, quasiment tous les jours, les journaux locaux, soit sous leur forme « papier », soit sur Internet. Quasiment tous les jours, on y a parlé de déficits. Déficit des compagnies aériennes, de la sécurité sociale, de l’Aviation Civile, de la Poste, … A chaque fois, les pistes pour trouver de l’argent frais ont été évoquées. Comme en France ? Oui, comme en France. En France, l’argent frais, on le cherche « en France » : le contribuable d’une manière ou d’une autre. En Polynésie, on cherche cet argent frais AUSSI … « en France ». Chez le contribuable français. Y compris celui qui ne connaitra la Polynésie qu’au travers les médias, aussi performants soient ils.
C’est ici que se situe la finalité de mon propos. Voici une caricature qui n’est pas loin de la vérité.
Vu la situation économique locale en Polynésie, le voyage en avion, qui permet à un riche retraité américain de se rendre de Moorea à Bora Bora, est AUSSI financé en partie par la TVA que paye, en achetant le livre « Splendeur de la Polynésie », l’étudiant de Lille grâce à l’heure supplémentaire qu’il a faite chez Mac Do.
Est ce juste ? Il ne m’appartient pas de le dire. Mais les questions individuelles, c’est comme le bulletin de vote dans l’urne : cumulées, au bout du compte, elles apportent des réponses, des choix et des solutions.
Charles Château


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