mercredi 19 janvier 2011

La Part des Choses


Comme tous les gens « normaux », s’il en est, j’ai été peiné par le décès d’Antoine De Léocour et de Vincent Delory au Niger.
Ce qui leur est arrivé (se faire enlever puis tuer), aurait put nous arriver « mille fois » à Claude, Yves, Catherine, Jean Michel, … ou moi.  Comme ces deux jeunes hommes, nous nous sentions « chez nous » en Afrique et nous nous délections de plats locaux (ou européens à la sauce africaine) dégustés dans la cour de restaurants tels que Le Toulousain de Niamey. Notre Amour affiché pour le Continent Noir, notre statut « d’humanitaires », les autocollants sur nos voitures, le fait que nous parlions quelques mots des langues locales, … tout cela agissait comme une sorte de sauf-conduit qui nous protégeait. Nous savions que nous pouvions avoir ce que nous appelions, par pudeur, peur ou superstition (?!!!), un « accident ». Mais après une analyse aussi peu sérieuse qu’objective, Claude et moi avions conclu que LE danger des séjours en Afrique était dans le trajet Roissy – Champs Elysées, parcouru le matin de bonne heure, dans une voiture de location, en arrivant de Nouakchott, après une nuit de vol consacrée à l’étude, de l’anatomie des hôtesses d’Air France.

Depuis le décès des deux jeunes français, on a parlé d’eux sur toutes les antennes et, pendant plus d’une semaine, lors de quasiment chaque journal … Un ami cinquantenaire, né à Linselle comme eux, me disait que c’était la première fois qu’il entendait parler de sa ville dans les médias nationaux.
Mais qui a parlé, ces jours-ci de la ville de naissance de Hervé Guinaud ? Hervé Guinaud, comme « tout le monde le sait », est le 53ème soldat français mort en Afghanistan.
Comme les 52 autres, comme tous ces soldats qui souffrent, sacrifient leurs familles, leur santé et trop souvent leur vie, Hervé Guinaud est mort pour qu’Antoine et Vincent, mais aussi Claude, Yves, Jean Michel et … Charles Château, puissent parcourir le monde avec une infime probabilité de ne pas revenir.

La mort d’Antoine De Léocour et de Vincent Delory est un drame et je m’associe pleinement à la douleur de leurs proches. Mais que ce drame ne nous fasse pas oublier qu’elle n’est pas gratuite notre Liberté de circuler quasiment dans le monde entier ou de chevaucher, comme c’est mon cas, les océans de la Planète Bleue. Hervé Guinaud, comme tant d’autres a aussi payé le prix de MA Liberté. Qu’au travers sa mémoire, aille tout notre respect et notre gratitude à ses Compagnons d’Armes.

Charles Château

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