jeudi 4 mars 2010

Je t'Aime


Il y a des fois où je me demande ce que je fais là …

Que nul ne pense que c’est dans la tempête ou dans la douleur. Là, je sais ce que je fais : je me bats pour m’en sortir.
Je ne suis pas à ma place, quand je me vois supporter sans broncher l’injustice et la bêtise humaine.

Ce mercredi 3 mars 2010, en fin de journée, dans les rues de Papeete, je me suis fait insulter parce que j’avais indiqué une mauvaise direction pour un arrêt de bus qui sautait tant aux yeux que Ray Charles ne l’aurait pas raté …
Ce qui m’a surpris, c’est que je ne me suis pas mis en colère, je me suis juste enfermé dans mes pensées.
Il y a quelques temps de ça, quelqu’un que je reconnais pour un Frère m’a jugé et condamné sans prendre le temps de venir m’écouter.
Là, j’ai eu mal, TRES mal.
Dans ces moments-là, je suis dur avec moi-même et les pires pensées me traversent l’Esprit. A chaque fois, je suis aussi à l’aise que si je trompais ma femme avec la voisine. Je me sens tout penaud, comme un chien qui ne comprend pas pourquoi il se fait battre. Je débranche mon cerveau, j’accumule les erreurs, je deviens Caliméro.

Pourtant, s’il savaient (et certains / certaines le savent) ce que je vaux …

Alors ce soir, j’ai eu envie de te faire cette Lettre d’Amour à toi qui me connaît à ma juste valeur. Toi que j’aime depuis toujours, toi qui me fais me sentir homme, toi qui me fais parler à Dieu pour lui dire ma colère, ma révolte ou ma reconnaissance …

Que tu es belle femme de ma vie. Tu as en toi le sang des celtes et celui des enfants du désert. Tu es fille de légionnaire et du docteur Schweitzer. Tu es forte et tu as besoin de moi comme moi, j’ai besoin de toi. Tu as su te faire désirer en me faisant patienter dans un costume - cravate.
Je l’avoue, je t’ai trompé quelques temps au fond d’une voiture et d’une nuit toutes deux étoilées. Tu aurais put me le faire payer en me donnant de grandes responsabilités et en m’enfermant dans une panoplie de « gendre parfait ». Tu as choisi de me redonner confiance en moi. Il a suffit d’une péniche pour que je me retrouve. «Château passe » était ma devise. Et je passais. Du pont de Pontailler aux glaces de Digoin, j’ai toujours fait face et livré ma marchandise.

Je te demande pardon Aurore. Je t’Aime comme si j’avais accompagné tes premiers pas et je suis prêt à traverser la terre pour m’expliquer avec l’homme qui oserait nuire à cette merveilleuse rousse avec qui j’ai « symbiosé » pour te créer. Mais je me sens plus le père de Aïvon, « Cerveau », Antoine ou Samuel …
SA MU EL … Toi que je prenais pour un chien mourant dans ce caniveau de Douala. En t’accrochant à la vie, tu as donné un sens à la mienne. Et que j’aurais aimé te sauver, toi, petite Leïla dont le pouls s’est arrêté de battre sous mon majeur ce 24 décembre 1992 à Kiffa en Mauritanie. Je porte depuis ton deuil.

Oui Femme de ma vie, tu m’en as fait connaître des émotions. J’entendrai toute ma vie le son des balles et ma hanche porte à jamais la cicatrice de celle de Timisoara le 25 décembre 1989. Décidemment, les périodes de Noël me sont toujours intenses. La dernière en date : l’arrivée à Hiva Oa après 26 jours de traversée d’un Pacifique pas toujours facile …
Le geste de celui qui défait une amarre, même symbolique, est le même. Qu’il se nomme Tabarly, Mermoz, Kersauzon ou Château, … Il sait qu’il ne sait pas … ce qu’il fait. Et c’est ce pas vers l’inconnu qui fait battre son cœur.
Le 4 octobre 2008, je dors épuisé par l’atterrissage sur Gibraltar, le passage du fameux détroit et le gymkhana entre les cargos. Mon équipière me sort de mes rêves. Je ne vois pas ce qu’il se passe dehors, mais au bruit, je sais une chose : il va falloir être bon, faire face.
Merci de m’avoir redonné le sens des valeurs. J’ai vécu avec 1 US $ par jour alors que je gagnais très bien ma vie. C’était le prix à payer pour que dix pirogues aident des enfants sortant de prison à passer du stade de pêcheurs au sens biblique du terme à celui de pêcheurs au sens maritime du terme.
Je n’oublierai jamais nos étreintes pendant cette semaine de décembre 2009, sans soleil, sans sommeil, sans rien de doux. Quand naviguer devient bestial. Et quelle jouissance quand par 0º de latitude, nous sommes passés « la tête en bas ».
J’ai aimé (et j’aime toujours), les voyages de l’Esprit quand, au côté de ma famille spirituelle, je cherche modestement au travers de symboles, les réponses aux questions que je ne me serais jamais posées sans cela.
C’est pour te remercier de ces moments merveilleux que je te fais cette lettre, TOI, la plus belle à mes yeux. Une encyclopédie ne suffirait certainement pas pour tout raconter. Et je n’ai pas fini de croquer les fruits du Bonheur.
Merci Madame Aventure de m’avoir fait ce que je suis. J’aime. Si tu pouvais, maintenant que je suis prêt pour, permettre que nous fassions ménage à trois …
Qu’une femme m’accepte tel que je suis. Avec mes dents écartées, mes cheveux à la Zidane, mes blagues vaseuses et mon côté soupe au lait (liste non exhaustive). Je me sens capable, avec vous deux, de conjuguer le mot Bonheur au temps de l’intensité Eternelle.

Charles Château

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