vendredi 19 février 2010

Take Care Nation.

Les gens « normaux », quand ils se quittent, se disent « Kénavo ». Les autres font ce qu’ils peuvent.

Sur le reste de la Planète Bleue qui n’a pas la chance d’être comprise entre Vilaine et Loire (prochainement sur ce Blog : comment se faire plein de copains avec UN article !!!), cela va du « auf Wiedersehen » au « Goodbye », en passant par « Ciao », « au revoir » ou encore « Hasta Luego ». Aux Etats Unis, de New York à Key West et de San Diego à San Francisco, on dit généralement « Take Care ».

Quand je faisais de la Radio Locale / Pirate, je cherchais mes mots au travers de « euhhh » ou « donc …» tous plus poétiques les uns que les autres. Récemment, je suis allé écouter un prêcheur qui faisait de même avec « alléluia » par ci, « alléluia » par là. Les américains utilisent le « Take Care » de la même façon et malheureusement cela me semble plus grave qu’anecdotique.

Je suis de la génération dont les parents ont connu la seconde guerre mondiale et le débarquement des GI venant nous sortir du cauchemar Nazi. Avant mon arrivée à Miami, je voyais les compatriotes des Frères Wright et de Henri Ford comme un peuple courageux et entreprenant.

J’ai débarqué aux USA en sachant que le pays connaissait des quartiers où la délinquance est à l’échelle continentale, mais où la Police l’est également.

Chez les inventeurs du Mac et d’Internet, je pensais trouver un peuple de communicants ayant tous l’esprit plus vif les uns que les autres …

Et pourtant, il n’en est rien de tout cela.

L’Américain a peur, et peur de tout. J’ai réussi à effrayer un policier de l’aéroport de San Francisco avec … un verre d’eau. OUI !!! UN VERRE (en plastique transparent) avec de l’eau plate à l’intérieur. Je ne sais ce qu’il a imaginé …

La peur est omniprésente aux USA. Elle est aussi une belle aubaine pour certains business et pour justifier de trop mauvaises habitudes frôlant l’addiction. Par exemple, les armureries, où il est simple comme bonjour d’acquérir des armes de guerre, foisonnent. Et pas que dans les grandes villes ou dans les villes à fort taux de délinquance. Donc tout le monde est armé. Pourquoi ? Logique : parce que tout le monde est armé …

Les retraités, eux, ne se réunissent pas pour boire des bières parce qu’ils n’ont pas l’imagination d’utiliser mieux les dollars de leur retraite si chèrement gagnés pendant une vie de dur labeur. Non, ils se réunissent et se saoulent pour ne pas être seuls de peur d’être isolés et donc en insécurité.

A cause de ce climat d’insécurité que je soupçonne d’être entretenu par certains, l’américain communique … grâce à son I Phone. Quand je suis revenu de l’aéroport de San Francisco le 25 novembre dernier, dans le BART (sorte de RER), je me suis assis à côté d’un jeune homme obnubilé par son téléphone portable. J’ai essayé en vain d’engager la conversation, alors, j’ai fait l’indiscret et ai constaté qu’il était sur un site de rencontres. Pendant la majeure partie de l’heure que nous avons passé ensemble, il y avait, juste devant nous, une plus que charmante demoiselle de son âge …

Le plus significatif de l’expression de cette peur, c’est par rapport aux phénomènes naturels. Si l’orage tonne, les supermarchés résonnent de « oh my God » ou « Jesus », …

J’ai eu l’occasion de vivre un « hurricane » à Cabo au Mexique (mais avec principalement des américains) et un cyclone à Papeete.

Dans le premier cas, c’est la fin du monde, ou presque. Tout le monde a peur, se protège et parle pendant des mois jusqu’à San Francisco (à 1000 milles de là) des 30 Kt de vent rencontrés. De l’autre, chacun s’organise tant pour soi que pour venir en aide à autrui et si Olie alimente les conversations pendant une semaine, c’est juste pour se réjouir de ne pas avoir eu plus de 65 Kt de vent …

Alors je m’interroge : l’Amérique d’aujourd’hui pourrait elle générer encore des Charles Lindbergh, Neil Armstrong ou Steve Jobs ? Rien n’est moins sur.

Et pourtant, il y a tant à faire dans ce monde qu’il faut bien que des hommes et des femmes dignes de ce nom, comme on dit le long de la Penfeld, aillent au maille.

« Allons enfants de la Patri i e,

Le jour du Courage est arrivé … »

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