
Bonjour, my name is « le Cat – Félix Le cat ».
Je suis un Cat – Catamaran ou Cat - Marrant ou encore Cat – à – marrants, car on ne s’ennuie pas à mon bord … Même quand Charles est seul.
Je suis né du crayon de Christophe Barreau (à canoniser) et, selon mon skipper, contrairement à la plupart des catamarans de grande série, je suis un vrai bateau.
J’ai eu pas mal de frères construits par Catana et quelques uns par Phisa sous le nom de Phisa 42.
J’ai été confié par mon propriétaire à une artiste Suisse allemande qui a vécu plus de 15 ans dans les montagnes du Canton du Valais et qui porte le nom de … Heidi (cela ne s'invente pas).
Une fois mis à l’eau et ayant servi au constructeur à vendre d’autres « frérots », il me fallait un Captain. Heidi est allé m’en chercher un dans ce pays où la terre se finit tant qu’elle prend le nom de « pays de la mer » (Ar Mor en breton), le Finistère.
Charles fait partie de cette race pas toujours compréhensible de gens qui ont plus de facilité à faire un nœud de chaise qu’à montrer comment le faire ou qui peuvent encore s’émerveiller devant la photo du bateau de Tabarly qui décorait leur chambre d’adolescent.
Avant d’accepter de me mener, Charles m’a fait passer un examen. C’était la tempête ce 22 février 2008 sur le Canet en Roussillon et la dame de la Capitainerie s’est étonnée de voir un bateau neuf sortir. « Promettez moi du beau temps jusqu’à Tahiti et je reste au quai pour vous inviter au restaurant, sinon … » a dit mon skipper. Examen réussi. Au cours des premières sorties, je trouvais Charles brusque et lui me trouvait « muet ». Il faut dire que son expérience du multicoque se limitait à des bateaux de course et à des catas de croisière moins excitants à barrer qu’une péniche …
Le 1er avril 2008 (je vous jure que c’est vrai), nous sommes partis tous les trois pour 2000 milles entre la France, la Tunisie, Malte et la Sicile. Dès la première nuit nous nous sommes fait cueillir par 40 Kt (72 Km/h) de mistral qui ont déclenché le déclic entre nous. Je me suis mis à bondir à près de 20 Kt (parfois même plus), je réagissais à chaque réglage. Charles m'a compris comme difficile mais sain. Depuis ce jour, (et les milles parcourus depuis ont renforcé cela), nous sommes devenus le prolongement l'un de l'autre ...
Au retour, j’ai donc été jugé « bon pour le grand voyage moyennant travaux ».
4 mois au sec au Cap d’Agde pour corriger les erreurs du constructeur, me rendre conforme au Bon De et me personnaliser.
Il a fallu refaire touts les connections électriques et électroniques, purger tous les circuits de carburant, refaire du Gel Coat qui cloquait,... J’ai reçu des panneaux solaires, un AIS (cela devrait être remboursé par la sécurité sociale tant c’est un gage de sécurité), des emménagements supplémentaires,...
La sécurité a particulièrement été soignée : ils sont deux à bord, mais j’ai 8 gilets de sauvetage, 2 VHF, 3 GPS, des lignes de vies de partout, y compris à l’intérieur des coques, 1cm au-dessus de la ligne de flottaison. Car le pire a été envisagé : outre un radeau « off Shore », les équipements de survie sont dédoublés, il y a des sacs étanches contenant des vivres, de l’eau, des vêtements, des moyens de navigation et de communication … Et pour finir, mon nom et mon Nº MMSI sont écris sous ma nacelle en rouge fluo.
Le 23 septembre 2008, au petit matin, je vole au bout d’une grue qui me rend à la mer. Je suis prêt. Alors, vers 17h00, on sort pour une petite heure de navigation, pour voir. La nuit est belle, douce, la lune nous fait un clin d’œil. Pourquoi ne pas rester encore un peu en mer ?... Je ne suis plus revenu en France métropolitaine depuis.
Là, je suis au mouillage à Punaauia, au Sud de Tahiti – Polynésie Française.
Charles qui se dit être un bon marin s’est perdu en venant … Et Denise devait certainement encore dormir car elle n’a rien vu ...
Les yeux de Denise quand elle se réveille et voit que nous sommes dans la tempête sont notre grand Bonheur à Charles et à moi et certainement la preuve que Dieu peut être bon ...
J’ai maintenant 24 323 Nm au compteur, soit 45 046 Km. Pour ceux qui ont besoin de comparaison, c’est 300 aller – retour Seynod - les Carroz, 150 aller – retour Bern – Sion ou encore 60 Paris – Marseille …
Nous sommes passés par Madère, toutes les Antilles, les BVI, les USVI, les Bahamas. Arrivés à Miami, un coup par l’Intra Coastal WaterWay – un coup par la mer, je suis allé dormir au pied de Miss Liberty à New York. Nous sommes ensuite redescendus jusqu’à Key West via (entre autre) Washington et Cap Carnaveral, avons visité l’Amérique Centrale remontant même le Rio Dulcé au Guatemala.
Panama ? Une péripétie … Pas simple, mais une péripétie. Et alors que « tout le monde » plonge vers les Galápagos à la belle saison, au travers des calmes et de deux grosses dépressions, nous, nous sommes montés jusqu’à San Francisco … Hisse et Ho, … Santiano (merci Hugues Aufray).
Nous sommes maintenant au Paradis sur terre : Tahiti. Je sais que Charles aimerait se poser un peu pour créer le PolyCat, un condensé de tout ce qu’il sait sur les bateaux, un Cat capable d’aller au Cap Horn et de bronzer au Tuamotus …
Oui, mais depuis quelque jours, il y a un peu de désordre à bord : guides nautiques, cartes marines, calculs de météo …
Hummm, ça sent les longues chevauchées sur la houle du Pacifique ça, parole de Complice. Il paraît que Vesoul et Maubeuge, c’est très beau, Il paraît aussi que les Tongas, la Nouvelle Calédonie, la Grande Barrière de Corail, la Thaïlande, ... ce n’est pas mal non plus. Et puis, Tahiti – Nouméa – Sydney, c’est naviguer dans le sillage de Tabarly, Colas et Kersauzon …
Alors, si Tabarly …
Règle première du bon bateau : on ne contrarie pas son skipper passionné …
Kénavo
Félix Le Cat

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